Comprendre les mécanismes comportementaux autour de la peur
- Sophie EBEL

- 24 août
- 2 min de lecture
On considère souvent à tort que la peur ou le stress se résume à la fuite ou à l’attaque. À l’inverse, un chien qui bat de la queue et adopte une posture avenante est perçu comme amical, tandis qu’un chien calmement allongé dans son panier est considéré comme bien élevé et serein. Mais que si ces comportements étaient tous des signes de stress ou de mal-être ?
comprendre la notion de "stratégie d'adaptation au stress"
Les chiens, et plus largement les animaux, utilisent diverses stratégies d’adaptation pour faire face au stress. Lorsque l’on pense au stress, on imagine souvent un animal tentant de fuir ou d’attaquer. Cependant, le concept de stress est bien plus vaste, et il est fréquent de mal interpréter des comportements perçus comme « amicaux » ou « neutres ».
En éthologie, on utilise le terme « coping » pour désigner ces stratégies d’adaptation au stress. (C’est aussi plus rapide à écrire !) Le coping englobe toutes les réactions émotionnelles et comportementales qu’un animal adopte pour faire face à une situation perçue comme stressante, menaçante ou incontrôlable.
On distingue deux grandes formes de coping dans le comportement animal : le coping actif et le coping passif.
coping actif
Le coping actif sera ce que n'importe qui pourrait habituellement définir comme une réaction face à la menace. On y retrouve les comportements de lutte et de fuite. (peur exprimée) Il vise à reprendre le contrôle de la situation.
Par exemple : gratter frénétiquement à la porte, grogner, aboyer, tirer au renard, se cacher, courir / faire les 100 pas, claquer des dents, mordre, charger ou pousser, ...
C'est habituellement un comportement décrit aisément par les propriétaires comme un signal d'inconfort et de stress important.
coping passif
Par opposition le coping passif est rarement perçu comme un comportement problématique ou inquiétant. Il met en jeu des mécaniques d'inhibition et de résignation. (peur inhibée) Il vise à minimiser le conflit ou la douleur perçue.
Par exemple : rester parfaitement immobile, se figer, faire preuve d'une absence totale de réaction même face à la douleur ou la menace perçue, fuite du regard, posture ramassée, signaux d'apaisement / de stress (bâillement, lèvre tirées, halètements, oreilles rabattues ...) voir carrément des comportements pro sociaux comme faire la fête, battre de la queue ou s'approcher de l'objet de sa peur.
Malheureusement ces comportements, moins connotés, sont souvent interprétés comme une forme de tranquillité ou de sympathie. Mais pour l'animal qui use de ces stratégies d'adaptation : le stress perçu est aussi intense que pour le coping actif. Alors pour l'humain qui l'observe, l'émotion passera souvent sous silence.
Le coping passif est très fréquemment observé dans les refuges ou l'animal sera rapidement étiqueté "chien facile" ou "chien sociable", malheureusement face à la persistance de la situation stressante, le risque que le chien opte pour une escalade vers des comportements agressifs est réel. Et dans un cas de figure tout aussi grave, cela peut mener à l'impuissance apprise.


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