Sophie
Amoureuse des animaux depuis toujours, mon parcours professionnel était tout tracé.
À onze ans, ma mère m’a offert mon premier chien. Pas le chien de la famille : mon chien, ma responsabilité. Pour financer ses frais, j’ai très tôt commencé à sortir les chiens du quartier contre quelques billets.
À quinze ans, j’étais déjà engagée dans le monde professionnel du chien avec un baccalauréat professionnel canin & félin. Trois années d’alternance m’ont permis de mêler théorie et pratique au sein de structures variées : élevages, pensions, cliniques vétérinaires, commerces spécialisés, et bien sûr éducation et rééducation canine.
Qui suis-je ?

Soit dit en passant, je ne soutiendrais jamais l’élevage intensif et je recommande toujours d’adopter plutôt que d’acheter. La question, selon moi, ne réside pas dans l’éthique de chaque éleveur (dont certains font un travail remarquable !), mais dans le fait de faire naître des chiots alors que les refuges sont déjà remplis d’animaux bien vivants qui n’attendent qu’un foyer.
Je ne juge pas pour autant ceux qui se tournent vers l’élevage, j’ai moi-même travaillé dans ce domaine pendant des années. Cependant, avant d’acheter en élevage, pensez à visiter les refuges alentours.
Bref, revenons en à mon parcours. Pendant les vacances scolaires, je continuais à travailler pour ces entreprises, afin de gagner en expérience et mettre un peu d’argent de côté. Mon bac en poche, j’ai validé en parallèle d’autres diplômes (BEPA canin & félin, monitorat d’éducation canine, chien visiteur…), avant de continuer mon parcours dans le secteur animalier.
J’ai partagé plusieurs années au travail avec une bande de bergers Blancs Suisses, mais aussi avec des chiens et chats de toutes races (et mélanges !), ainsi que des NAC's divers : lapins, cobayes, rats, poules, écureuils, furets, chèvres, moutons, chevaux…
Certains sont restés à mes côtés, trop nombreux pour être tous cités, mais chacun m’a apporté beaucoup et ils m’ont permis de développer des compétences fortes dans la gestion d'un foyer multi-espèces !
Mon rêve était de devenir éducateur canin mais ma volonté de me spécialiser en anxiété de séparation nécessitait certaines formations spécifiques, difficilement accessible en France à l'époque. (on ne disposait alors d'aucune formation certifiante de qualité dans cette spécialité)
Je n'ai rien lâchée et j'ai été formé par Julie Naismith, spécialiste internationale de l'anxiété de séparation, basée aux USA.
En parallèle, je me suis formée auprès de nombreux autres professionnels sur des thématiques variées. La formation continue est une priorité pour moi.
Par la suite, j’ai assuré la gestion d’une animalerie (sans vente de vivant) pendant trois ans, où j’ai pris beaucoup de plaisir à conseiller mes clients et améliorer mes produits pour eux. En parallèle, j’ai développé ma clientèle en éducation et rééducation canine, réduisant progressivement mon temps en magasin pour consacrer plus d’heures aux suivis comportementaux.
Aujourd’hui, la vie m’a amené à rejoindre l’association Cosa Animalia, où je suis devenue référente Famille d’Accueil. J’ai rendu les clés de mon animalerie pour jongler entre mes suivis de rééducation et mes protégés en quête de leur famille pour la vie.
Une double casquette qui m’offre un équilibre, mêlant passion et engagement.
Ça fait maintenant 12 ans que je travaille dans le secteur animalier.


Nixaï
Ceux qui m'ont fait grandir
Chien dit « dangereux » et pourtant le meilleur des chiens. Il aura bercé mon enfance par sa présence le soir dans mon lit et par sa tolérance indéfectible quand je trébuchais sur lui.
Malheureusement, il gardait les stigmates d’un passé de maltraitance qui rendait son comportement parfois dangereux. Il sera euthanasié sans que je puisse lui dire adieu, sans avoir eu la chance d'être accompagné pour ses troubles de comportement avant d'être condamné. Avec le recul, c’est clairement porté par son amour et avec une ferme volonté de sauver ces chiens de l’abandon que j’ai construit mon parcours professionnel.
Elfy
Offert par ma mère quand j’étais jeune adolescente, ce fut ma première chienne.
Elle m’a enseigné avec beaucoup d’autorité. Elle était merveilleusement équilibrée, fondamentalement câline, une chasseuse redoutable. Elle était très sélective avec les autres chiens, c'était pour autant une communicante très claire.
Elle avait la « seconde chance » difficile, ce qui plaçait la barre très haut d’un point de vue relationnel.
C’est grâce à elle que j’ai pris conscience de la complexité du comportement canin et que j’ai abandonné l’idée totalement dépassée et inconfortable du chien « dominant ». Ensemble, nous avons traversé presque 15 années de complicité.


Ptit loup
Récupéré de maltraitance à ses 5 mois, il m'en a fait voir de toutes les couleurs.
Une sensibilité extrême, un seuil de réactivité au raz des pâquerettes, une santé fragile, un grand sensible parmi les malinois.
Arrivé dans ma vie pendant une période difficile, notre relation a été mise à rude épreuve malgré l’amour instantané que j’ai ressenti pour lui.
J’étais certaine d’une chose : je ne voulais pas d’un chien souffrant d’anxiété de séparation ! (C’est une chose de vouloir l’accompagner, une autre de la vivre.)
Vous vous doutez bien qu’il est arrivé dans ma vie avec une phobie carabinée de la solitude.
Il a été le chien des mille remises en question, des craquages, des doutes, de quelques larmes.
Ce chien, c’est mon feu d’artifice, mon 14 juillet ... celui qui me donnera l’impression que tous les autres chiens ne « font que dormir ».
Aujourd'hui, je pense pouvoir dire qu'on s'est trouvé un équilibre, dans les absences, dans les moments partagés, à travers les soins et dans les pires tempêtes.
Il est encore jeune, à peine vraiment adulte et on a encore du travail sur certains aspects de son comportement mais ... quel formidable chien !
Dès son arrivée à la maison, nous avons implémenté les soins coopératifs dans le quotidien et je m'en remercie ! Bourré de problèmes de santé, notre vie aurait été bien différente si je n'avais pas pris en main les soins en consentement au plus tôt.

