Accompagnement dédié à l'anxiété de séparation et aux troubles liés à l'isolement
L'anxiété de séparation, c'est quoi ?
Terme parapluie pour parler des troubles du comportement liés à la séparation, l'anxiété de séparation est communément décrite comme l'impossibilité de laisser le chien seul sans qu'il n'exprime de symptômes de stress aigu.
Parmi les comportements les plus observés :
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Vocalises excessives ou constantes lors des absences (aboiements, hurlements, pleurs, faire "le loup", gémir, ...)
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Destruction des murs, plinthes, sols, mobiliers, ... Essentiellement autour des points de sortie (fenêtres et portes)
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Tentatives d'évasion désespérées (notamment au point de se blesser ou se jeter dans le vide)
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Malpropreté (urines et selles à l'intérieur alors que le chien est pourtant propre en temps normal)
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Anxiété évidente quand l'humain se prépare à sortir (suis partout, respire très fortement, halète, bave, bâille intensément, peut se positionner devant la porte ou essayer de forcer le passage...)
Contrairement à une croyance répandue, il n'est pas nécessaire que le chien "coche toutes les cases" pour nécessiter une prise en charge.

Certains chiens présentent des signes d'anxiété plus discrets :
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Baver abondamment
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Gémir à très faible intensité
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Rester parfaitement immobile durant toute l'absence
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Se cacher / être prostré (sous un meuble, dans un coin, dans un placard, ...)
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Avoir les yeux écarquillés, les oreilles rabattues vers l'arrière, la queue entre les jambes
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Marcher en rond ou faire les cent pas
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Se secouer encore et encore, sans raison
Autant de signes souvent passés sous silence car invisibles sans vidéosurveillance, trop discrets pour provoquer une plainte du voisinage et qui ne laissent pas d'indices significatifs au retour.
Bien sûr, tout cela n'est qu'un échantillon de ce que l'on observe le plus souvent, mais on peut constater de nombreux autres indices de mal-être lors des absences comme la privation spontanée d'eau et de nourriture, les fêtes débordantes au retour (même après des absences courtes) ainsi que de nombreux autres comportements.
Attention, il est fréquent de catégoriser, à tort, certains comportements comme étant de l'anxiété de séparation.
Votre chien est-il anxieux ou frustré ?
Noter que les deux peuvent se produire ensemble ou découler l'un de l'autre !
Voilà quelques questions à se poser pour s'épargner un long protocole de désensibilisation car souvent quelques ajustements simples du quotidien suffisent à améliorer efficacement le problème.
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Votre chien pourrait s'ennuyer, est-il jeune et plein d'énergie ?
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Votre chien passe-t-il de nombreuses heures seul et manquerait-il d'enrichissement ?

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Est-ce une problématique nouvelle sur un chien vieillissant ? En avez-vous discuté avec votre vétérinaire ? Avec l'âge, le déclin cognitif peut diminuer la tolérance des chiens âgés face à la séparation.
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Le chien produit-il les comportements dérangeants uniquement en votre absence ou également quand vous avez "le dos tourné" ? Il a peut-être appris à éviter les ennuis en votre présence.
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Le chien produit-il les comportements problématiques toute la durée de l'absence ? Les chiens anxieux sont souvent très constants dans leur comportement contrairement aux chiens qui s'ennuient.
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Y a-t-il eu un changement / bouleversement récent dans l'environnement / la vie du chien ?
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Est-ce que cela fait de longs mois, parfois années, que vous travaillez sur cette problématique avec votre chien ? Alors il est fort possible qu'un accompagnement soit nécessaire. Votre chien présente probablement une anxiété réelle au cours des absences.
Voilà un court échantillon de questionnements qui devraient vous aider à mieux comprendre le comportement de votre chien et ses causes. Bien que la frustration ne soit pas à prendre à la légère, elle est cependant souvent moins complexe à accompagner que l'anxiété. Cependant, sans prise en charge, elle peut aisément évoluer vers une anxiété réelle.
Ce qu'on sait de l'anxiété de séparation et ce qu'on en déduit.
"La peur est liée à une menace connue ou comprise, tandis que l'anxiété découle d'une menace inconnue, attendue ou mal définie."
(Association Américaine de Psychiatrie.Manuel Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders. 5th edition. Washington DC; 2013)
En tant qu'humain, il est difficile de voir une menace réelle dans l'isolement social, ce qui induirait que ces comportements relèvent davantage de l'anxiété que de la peur.
Pour autant, il n'est pas démontré que cet isolement social ne puisse être perçu comme un danger très concret et réel pour certains chiens, considérant les composantes sociales de leur espèce.
Alors, anxiété ou peur ? Epineuse question. A présent, peut-on parler de phobie ?
"La phobie spécifique se définit comme la peur et l'anxiété face à une situation ou un objet donné à un degré qui est hors de proportion avec le danger ou le risque réel"
(Le Manuel MSD, version pour les professionnels)
Il semblerait alors que l'anxiété de séparation entre pleinement dans cette description.

Comment se développe l'anxiété de séparation ?
On entend souvent "c'est de ta faute", "tu le couves trop", "laisse-le pleurer", "il te fait marcher", etc ...
Mais dans la réalité, comment en arrive-t-on à avoir un chien qui ne supporte plus la solitude ... ou qui ne l'a jamais supportée ?
A cela, on identifie aujourd'hui 5 facteurs prédisposants.
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Ils sont génétiquement prédisposés. Un article récent de l'Université d'Helsinki confirme que la peur possède une composante héréditaire ; certains animaux seront donc naturellement plus ou moins enclins à s'adapter à des situations anxiogènes.
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L'environnement de vie précoce. Les choses qui n'ont pas été vécues, comme une bonne socialisation avant les 12 premières semaines.
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Le stress maternel au cours de la grossesse. Maintenant démontré comme exposant les chiots à une moins bonne résilience par la suite.
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Le comportement maternel. Par exemple une mère immature ou désintéressée, produisant un attachement insécure.
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Les mauvaises expériences. Comme par exemple un chiot exposé à une absence perçue comme trop longue dès son arrivée dans son nouveau foyer, alors même qu'il n'avait aucun repère.
Finalement, sur les 5 facteurs clés incriminés dans la construction de la peur et de l'anxiété, les variables contrôlées par le propriétaire sont bien légères proportionnellement à la responsabilité de l'éleveur dans la sélection, la socialisation et le développement du chien en devenir.
Alors, responsable de l'anxiété de séparation de votre chien ? SUREMENT PAS !

Comment j'accompagne l'anxiété de séparation ?
Une fois le bilan achevé, vous aurez des missions :
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Organiser la levée des absences insoutenables pour le chien, de nombreuses solutions existent. Cela peut paraître difficile à mettre en place mais c'est essentiel pour une désensibilisation efficace. Souvent, cela signifie ne plus laisser le chien seul du tout. Une organisation quotidienne à prévoir pour quelques semaines ou quelques mois, mais c'est toujours réalisable avec de la créativité !
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Il vous faudra investir dans (au moins) une caméra wifi adaptée pour l'entraînement.
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Je vous guiderai dans la lecture du langage corporel de votre compagnon, car ce sera un élément crucial de notre entraînement et il est essentiel que vous soyez tout à fait confortable avec cela.
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Si votre chien ne tolère pas du tout les absences, même brèves (< 5 secondes derrière la porte sans anxiété), je vous fournirai des exercices à faire quotidiennement en plus des différentes missions ci-dessus.
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Parfois, je vous oriente vers un vétérinaire, un vétérinaire comportementaliste ou un autre confrère (ostéopathe par exemple) pour exclure tout problème de santé avant le début du suivi et mettre éventuellement en place une médicalisation si cela est jugé nécessaire.
Tout d'abord, on procède ensemble à un bilan en visio, le plus souvent via Zoom.
Nous faisons une évaluation permettant d'identifier le seuil de tolérance de votre chien.
On discute ensemble des comorbidités et du quotidien de votre animal (santé, autres troubles du comportement pouvant influencer l'entraînement, gestion du quotidien, remplissage des besoins, etc) et on effectue les adaptations nécessaires.
On s'accorde sur vos objectifs, les capacités de votre animal,
la temporalité attendue des résultats : c'est un suivi qui ne se compte pas en jours ;
Les progrès se font en semaines, souvent en mois, rarement en années.

A quoi ressemble ensuite le suivi ?
Tout se fait en visio ! Pourquoi ?
Car ajouter un paramètre extérieur (moi) sur un travail qui nécessite au contraire une précision millimétrée est contre-productif.
L'essentiel pour moi étant de voir votre chien quand il est tout seul !
Je m'engage à vous fournir 5 jours de missions par semaine, cela correspond environ à 30 minutes par jour d'exercices.
Nous adaptons à vos contraintes l'entraînement mais je ne reporte pas les missions : les missions non effectuées seront perdues.
Pourquoi ? Car un entraînement réussi à la solitude implique un engagement du quotidien sur le long terme.
Vous vous engagez à réaliser avec le plus grand sérieux les exercices fournis et à filmer chaque mission que vous devrez m'envoyer au jour le jour avec votre grille d'analyse personnelle.
2 jours par semaine, ce sont les vacances pour votre compagnon et vous, cela lui permet d'intégrer sereinement ce qu'il a vécu au cours de la semaine et de faire retomber le stress accumulé. Pour vous, c'est l'occasion de décrocher un peu du travail sur la solitude qui peut être parfois pesant.
On procède quotidiennement à une collecte de données qui nous renseigne sur les paramètres à ajuster et à travailler. C'est un méticuleux travail d'enquête qui produit de grands résultats, rien n'est laissé au hasard.
Bien sûr, vous n'êtes pas livré à vous-même au cours de la semaine, un suivi quotidien sur WhatsApp est assuré, vos missions hebdomadaires sont construites sur mesure quotidiennement et plusieurs visios sont assurées par semaine pour faire le point et discuter de l'évolution de la situation.
"Quand est ce que mon chien pourra être laissé seul ?"
A cette question épineuse, je ne peux vous donner aucune garantie.
Mon travail étant directement influencé par la constance et la précision avec laquelle vous travaillez à la résolution du problème, les compétences et la résilience de votre chien, la complexité de l'environnement de vie, l'investissement des différents membres du foyer, les comorbidités et la santé de votre compagnon, et ce n'est qu'un aperçu des variables en jeu.
Une multitude de facteurs qui me permettent de dire avec certitude que nous pouvons progresser mais sans pouvoir pour autant vous donner de temporalité pour atteindre votre objectif.
Chaque chien est unique, avec une courbe de progression qui lui est propre.
Quelques sources ...

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Salonen, M., Sulkama, S., Mikkola, S., Puurunen, J., Hakanen, E., & Lohi, H. (2020). Prevalence, comorbidity, and breed differences in canine anxiety in 13,700 Finnish pet dogs. Scientific Reports, 10, 2965.
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Tiira, K., Sulkama, S., & Lohi, H. (2016). Prevalence, comorbidity, and behavioral variation in canine anxiety. Journal of Veterinary Behavior, 16, 36–44.
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Ogata, N. (2016). Separation anxiety in dogs: What progress has been made in our understanding of the most common behavioral problems in dogs? Journal of Veterinary Behavior, 16, 28–35.


